Une analyse sous l’angle du transgénérationnel et du décodage biologique et émotionnel.
Ce texte a pour intention de vous apporter un autre point de vue sur le thème de l’infertilité, tout en précisant qu’il ne peut en aucun cas remplacer un conseil médical ou un traitement
Je souhaite aborder un sujet peu connu et souvent ignoré : les racines familiales et biologiques de l’in-fertilité.
Qu’est-ce qu’est l’In-fertilité ? Est-ce possible que notre vie actuelle puisse être influencée par des événements précédents à notre existence ? Que ce que nous vivons aujourd’hui puisse être la conséquence ou le résultat d’événements douloureux survenus à l’un de nos aïeux ? Serait-il possible que d’une façon ou d’une autre l’on puisse être identifié à cet ancêtre et vivre les mêmes mésaventures que lui ?
J’essayerai de donner réponse à ces questions. Pour commencer, abordons la logique biologique derrière l’in-fertilité.
Comment raisonne la biologie
Il relève presque de l’ironie pour les êtres biologiques que nous sommes, programmés depuis la nuit de temps pour engendrer la vie, que de se retrouver dans l’impossibilité de procréer.
Si une logique biologique nous pousse à vivre longtemps et à assurer la continuité de notre espèce par la descendance, comment expliquer que Mère Nature choisisse de ne pas coopérer et entrave notre chemin vers la parentalité ?
On dit souvent que « Le diable se cache dans les détails » et c’est précisément derrière le fait de vivre le plus longtemps possible, que se cache la raison de ce blocage. En effet, la biologie nous impose la nécessité de procréer à condition qu’il n’y ait pas de risque pour les sujets impliqués dans cette dynamique, à savoir, le couple parental ou l’enfant.
Et comment la biologie peut-elle savoir que cette grossesse tant désirée représente un risque pour vous, pour votre couple ou pour l’enfant à venir ?
Il se trouve que la biologie travaille main dans la main avec l’inconscient familial. Chaque clan familial possède une sorte de serveur qui enregistre en permanence toutes les données relatives au clan et à son expansion, telles que les naissances, les départs, les nouveaux arrivants, les morts, les métiers, etc.
Lorsqu’un couple en désir d’enfant se fixe comme objectif de devenir parents, la biologie tel un scanner, passe en revue toutes les données familiales inconscientes et historiques afin de maintenir le couple en vie et de lui éviter les douleurs de son propre passé, celles de ses ancêtres et celles de son espèce.
Si, au cours de cette recherche, la biologie repère des événements familiaux tragiques, malheureux ou désastreux liés à la procréation, en particulier des accouchements traumatiques ayant entraîné la mort de la mère ou de l’enfant, des cas où le père décède ou abandonne la famille, ou de décès dans la fratrie autour de la naissance d’un nouvel enfant, elle pourrait prendre la résolution d’ordonner l’arrêt des conceptions. Ces événements dramatiques constituent des échecs pour la biologie.
Les antécédents familiaux d’avortements et/ou de morts prématurées pourraient également conditionner les générations suivantes et entraîner dans certains cas, des problèmes de fertilité.
La biologie se sert d’une règle pour faire ses calculs et ses projections : « Tout ce qui a permis l’émergence de la vie, il faut le répéter. En revanche, toute situation qui a mené à la mort, il faut l’éviter. »
Chaque élément présent lors d’un succès biologique est enregistré dans les moindres détails dans les annales de l’inconscient familial afin de les reproduire par la suite: prénoms, dates de naissance, âges, métiers, situation économique, saisons, dates, partenaires, lieux, etc.
Quant aux échecs biologiques, chaque élément s’y trouvant (prénoms, dates de naissance, âges, métiers, situation économique, saisons, dates, partenaires, lieux, etc.) est rigoureusement répertorié et classé dans un dossier sur lequel on peut lire, écrit en grandes lettres rouges « ÉCHEC : NE PAS RÉPÉTER ! », afin qu’ils ne se reproduisent pas à l’avenir. Par conséquent, les couples des générations futures, qui partagent de nombreux traits communs avec ceux de l’événement initial, se verront empêcher l’accès à la fertilité en raison de leur similitude avec le couple originel.
Votre difficulté à concevoir est due au fait que votre biologie a détecté dans votre configuration (prénom, date de naissance, métier, partenaire, etc.) un risque pour vous, votre conjoint(e) ou l’enfant à venir. Ce risque présumé, pourrait-être de séparation, de mort pour l’un d’entre vous, donc de douleur et de souffrance. Aussi dur ou absurde que cela puisse vous sembler, votre in-fertilité est en train de vous protéger d’une douleur majeur, elle cherche à vous épargner une plus grande peine.
Vous êtes certainement en train de vous demander comment tout cela est possible, puisque vous n’avez jamais rien vécu de tel. Ici je m’efforcerai de répondre à la question de savoir si nos expériences actuelles sont façonnées par des événements antérieurs à notre existence.
Les identifications inconscientes
« Toute scène du présent est l’écho de faits précédents ». 1
Soit! Admettons que tout ce que vous dites soit vrai, mais pourquoi est-ce que ça doit tomber sur moi ?! Pourquoi pas sur ma cousine ? Ou sur mon cousin ? En quoi suis-je concerné(e) par toutes ces histoires d’ancêtres, de calculs biologiques et compagnie ?
J’ai deux réponses à cela : une très encourageante, mais difficile à assimiler et une qui vous explique pourquoi cela est tombé sur vous, elle aussi, j’avoue, un peu déroutante.
Réponse No 1. Vous avez été désigné(e), choisi(e) par l’inconscient familial pour guérir les douleurs de votre clan. Votre impossibilité à concevoir, celle qui vous pousse à vous tourner partout en quête d’une réponse, n’est autre qu’une boussole qui cherche à vous guider vers la reconnexion avec votre histoire personnelle. Guérir les douleurs de l’âme nous demande une bonne dose d’ouverture d’esprit après tout.
Réponse No 2. Malgré le fait que vous n’ayez jamais été confronté (e) à titre personnel à des évènements traumatiques liés à la conception, il est fort probable qu’il existe un lien entre vous et un ancêtre, qui a effectivement vécu ces expériences.
Ce lien pourrait résulter d’une identification inconsciente avec lui, que ce soit parce que vous êtes né(e) le même jour, parce que vous portez son prénom ou un prénom proche, ou encore parce que vous lui ressemblez aux yeux de votre famille. De plus, si vous êtes en couple avec quelqu’un qui partage des caractéristiques professionnelles ou personnelles semblables à celles du partenaire de votre aïeul, cela peut renforcer ce lien.
Les identifications inconscientes se présentent principalement avec votre mère, grand-mère ou arrière-grand-mère maternelles. Cependant, les identifications avec les femmes du côté paternel ne sont pas exclues.
En gros, vous possédez des traits particuliers qui font croire à l’inconscient familial que vous êtes le protagoniste de ces histoires douloureuses liées à la parentalité, survenues dans le passé. Autrement dit, l’inconscient familial voit en vous l’incarnation même de votre ancêtre et il fera tout cette fois-ci pour vous épargner de « revivre » les douleurs du passé. L’inconscient familial ne permettra pas que cette configuration se répète à nouveau dans l’avenir, bloquant la route aux conceptions.
« …lorsqu’une situation intérieure n’est pas rendue consciente, elle se produit à l’extérieur, comme le destin. ». 2
C.G. JUNG
« GUICHET DE L’INCONSCIENT FAMILIAL »
Un couple en recherche d’enfant :
—Bonjour, nous souhaitons avoir un enfant.
L’agent du guichet :
—Vos noms, prénoms, dates de naissance, âges, professions, état civil,….
—Patientez s’il vous plaît. Une recherche approfondie est un cours…
Après quelques minutes…
—Désolé, vous ne pouvez pas passer commande. Votre casier n’est pas vierge. Il porte un cachet en grandes lettres rouges « ÉCHEC : NE PAS RÉPÉTER !
—Quoi ?! Mais c’est notre premier essai.
—Mmmm non. Il apparait ici que vous êtes déjà venus au moins à deux reprises. Lors de la première fois, il apparait que monsieur est parti loin sans jamais revenir. Suite à ça, vous avez du donner votre enfant en adoption. Vous ne pouviez pas vous occuper de lui et subvenir aux besoins de vous deux.
—Ah non ! Ce n’est pas possible puisque je vous dis que c’est la première fois que je me tiens devant ce guichet.
—Attendez que je continue à lire votre dossier madame. Il apparaît ici également que lors de votre deuxième venue, madame est décédée suite aux couches. Bébé a survécu, mais monsieur ne voulait rien entendre de cet enfant. Il a fini par être élevé par quelqu’un de la famille qui n’a pas eu la présence d’esprit d’expliquer à l’enfant pourquoi il était détesté par son père.
—Je suis navré. Madame, Monsieur, votre dossier est clos. A moins que…
—A moins que quoi ?…
À moins que quelqu’un comme vous ne se soucie énormément de son histoire familiale, rien ne changera. Rien.3
Cette petite histoire illustre de façon didactique ce qui se passe en coulisses lorsque un couple exprime son souhait d’avoir un enfant.
L’Inconscient, pour qui n’existe ni le temps ni la notion de l’autre, dicte notre réalité. Ce qui explique pourquoi les drames familiaux continuent d’être en vigueur comme s’ils venaient d’arriver et se répètent chez certains membres du clan familial.
En résumé, pour la plupart d’individus, le fait d’avoir un enfant est associé à la vie, tandis que, dans votre inconscient, il est ancré que la maternité ou la paternité est synonyme de mort, et non de vie.
À un moment donné de votre histoire familiale l’expérience de la maternité/paternité a été signée par un échec.
Les infertilités sont souvent déclenchées par l’inconscient pour protéger principalement le couple parental.
Les identifications inconscientes que vous portez font croire à l’inconscient familial que vous êtes le protagoniste de ces histoires survenues dans le passé. Dit autrement, pour l’inconscient familial, vous êtes votre ancêtre, et il fera tout pour vous épargner les douleurs du passé.
Prendre conscience de ces identifications et « libérer » votre clan de ses blessures à travers votre propre guérison pourrait vous aider à ouvrir la voie à de nouvelles naissances et, qui sait, à accueillir enfin dans vos bras ce précieux trésor qu’est un enfant.
Rien n’est encore perdu !
- ALMAZÁN, Pablo. ¿Me estás jodiendo? : De cómo los síntomas pueden cobrar otro significado y dar sentido a la vida. 2a. Ed. Buenos Aires : Editores Asociados, 2016. p.115 ↩︎
- JUNG, C. G. The Collected Works of C.G. Jung · Volume 9 – Part 2. AION RESEARCHES INTO THE PHENOMENOLOGY OF THE SELF. 2è ed. PRINCETON UNIVERSITY PRESS, 1959. p.71. ↩︎
- Texte paraphrasé de l’original « Unless someone like you cares a whole awful lot, Nothing is going to get better. It’s not. » Dr. Seuss, The Lorax. ↩︎



